26/02/2026
Ce texte a été rédigé 100% sans IA
Les JO d’hiver organisés cette année à Milan et sa région nous régalent de performances plus épatantes les unes que les autres. Un des moments les plus marquants pour moi a été la consécration de la patineuse artistique Alysa Liu, 21 ans, qui a remporté l’or grâce à son programme libre. Son style casse les codes, son approche révolutionne la discipline. Le magazine Cosmopolitan Sports US l’avait d’ailleurs interviewée quelques semaines avant sa victoire. Voici ce qu’elle avait déclaré (en VO ici) :
“J'ai conclu un accord avec mes entraîneurs : personne ne me dit quelle tenue je vais porter. Personne ne me dit comment mes cheveux vont être. Personne ne va essayer de me changer. Je vais choisir mes propres programmes et patiner aux sessions auxquelles je veux patiner. Vous, mes entraîneurs, vous allez m'aider et me guider dans l'entraînement, mais je vais les structurer comme je le souhaite”.
Elle ajoute : “Si on m’oblige à me déteindre les cheveux, j’arrête la compétition. Si les juges n'aiment pas mes cheveux comme ça, et qu'ils veulent me donner moins de points ou me traiter différemment à cause de ça, c'est leur responsabilité. Si je change mes cheveux, ce sera parce que je le décide”.
Cet état d’esprit illustre parfaitement selon moi celui de toute notre génération, la génération Z : s’affirmer à 100%, remettre en question les règles établies, et faire les choses à notre façon. Pas facile de comprendre ce fonctionnement, notamment sur le marché du travail, tant notre comportement diffère de celui de nos aînés ! Et pourtant, il va falloir s’y adapter, puisque la Gen Z représentera 30 % des forces de travail dans le monde d’ici à 2030 selon France Travail.
Alors, qu’est-ce qu’il y a dans la tête de la Gen Z ? Comment travailler en harmonie malgré le choc des générations ? C’est ce que je vais tenter de vous expliquer dans cet article.
Attention, je vais ici me concentrer sur les points relativement communs des membres de la Gen Z, mais il ne faut pas oublier que chaque personne est unique, et que comprendre le fonctionnement d’une personne en particulier ne peut pas se faire uniquement sur la base de généralités. D’autant plus parce que, pour nous plus que pour n’importe quelle autre génération, la question de l’individualité est absolument centrale.
Mettons nous d’abord d’accord sur la tranche d’âge dont on parle quand on évoque la génération Z. Elle regroupe toutes les personnes nées entre 1997 et 2012. C’est la première génération à être née dans un monde totalement porté par l'informatique et Internet. Elisabeth Soulié, anthropologue et essayiste, a défini la Gen Z comme une génération phygitale, parce que : “elle est à la fois dans le physique et le digital, mais pas seulement, la Gen Z sort des schémas binaires où l’on est dans le numérique ou dans le physique, dans le travail ou dans le jeu, dans le masculin ou le féminin, c'est ça qui est intéressant avec cette génération, cette fluidité des frontières qui permet d'aller de l'un vers l'autre”.
C'est aussi une classe d'âge qui a connu de multiples crises mondiales : économiques, écologiques, sécuritaires, identitaires, et sanitaires. Ces événements ont forgé la façon dont la Gen Z voit le monde : le sentiment d’anxiété est plus fort, le pessimisme est courant.
Dans une étude internationale réalisée par le cabinet Deloitte en 2023, ils étaient 60% à dire que la situation économique de leur pays va se détériorer ou stagner au cours de l'année à venir. Parmi eux, nombreux sont ceux qui estiment qu'il deviendra plus difficile, voire impossible, de demander une augmentation ou une promotion, de trouver un nouvel emploi ou d'obtenir une plus grande flexibilité au travail dans ces conditions. Leurs préoccupations économiques affectent également leur capacité à planifier leur avenir sur le plan personnel : beaucoup affirment qu'il deviendra plus difficile, voire impossible, d'acheter un logement ou de fonder une famille. Le coût de la vie représente leur principale préoccupation, suivie du chômage et du changement climatique.
On pourrait penser que ce climat pessimiste ne les encourage pas à trouver un travail qui les épanouit, et que leurs préoccupations économiques guident seules les choix de carrière qu’ils font. Et pourtant, force est de constater que la Gen Z a d’autres valeurs en entreprise.
Tout d’abord, à l’inverse des idées reçues, ils n’aiment pas moins leur travail que les générations précédentes. Selon une enquête Ipsos publiée en 2024, 84% d’entre eux disent avoir le goût du travail, et 91% estiment qu’avoir un travail que l’on apprécie est une condition essentielle pour être heureux. C’est d’ailleurs pour cette raison que plus de la moitié des jeunes actifs (52%) seraient prêts à changer de travail pour un emploi plus plaisant mais moins rémunéré. Cette proportion est largement supérieure à celle observée dans l’ensemble de la population active (34%), selon une étude IFOP réalisée en 2024. L’ambiance de travail est un critère de choix d’un emploi pour 42% d’entre eux, quasiment à égalité avec la rémunération (43%). Cette génération affiche donc une vraie volonté de concilier épanouissement personnel et réussite professionnelle, sans que la seconde se fasse au détriment du premier.
Les facteurs d’autonomisation sont également un sujet clé pour cette génération : 72% des 18-28 ans jugent important ou primordial l’autonomie, la possibilité de prendre des décisions seul, 70% la flexibilité des horaires et 69% le fait de pouvoir évoluer vers d’autres secteurs ou spécialités (enquête Ipsos). Cependant, contrairement aux idées reçues, la possibilité de télétravailler est seulement considérée par 50% de la Gen Z comme importante.
En lien avec cet aspect, les rapports hiérarchiques sont aussi remis en question par cette génération. Et on peut le comprendre en regardant la manière dont ils ont été élevés : leurs parents ont privilégié la qualité des relations avec eux, en adoptant des stratégies de négociation, en faisant appel à leur intelligence plutôt qu’en imposant leur autorité. La pédopsychiatre Anne-Marie Garnier explique : “L’obéissance n’est plus exigée par les parents comme une évidence, ils craignent d’obtenir l’obéissance de leurs enfants par la force”.
Dans ces conditions, il faut bien comprendre que la Gen Z ne remet pas en cause la hiérarchie en elle-même, mais plutôt la forme qu’elle prend en entreprise. Ils préfèrent une autorité de compétence à une autorité de fait : il ne suffit plus d’être désigné “chef” pour gagner leur confiance et leur respect, mais démontrer sa légitimité, en sachant partager et transformer la connaissance.
Si le manager est attendu sur sa légitimité, les membres de la Génération Z souhaitent également avoir un retour régulier et une reconnaissance immédiate sur leur travail, sous forme de feedback constructif. Ce feedback doit non seulement être régulier mais aussi venir de plusieurs sources (collègues, managers etc) selon une étude de l’INSEAD. Il me semble capital de rappeler qu’un feedback peut tout autant être positif que négatif, et qu’il est important de communiquer autant l’un que l’autre, de savoir dire quand ça ne va pas, mais aussi et surtout quand ça va. Et si vous voulez des clés pour apprendre à réaliser un feedback constructif, il y a plein d’exemples ici.
Enfin, la Gen Z accorde une importance aux valeurs de l’entreprise : 74% d’entre eux considèrent comme primordial ou important que les valeurs de l'entreprise soient en accord avec les leurs. Et 42% d’entre eux déclarent qu’il refuseraient de travailler pour des entreprises qui n’ont pas de réels engagements sociaux ou environnementaux. Et si leurs attentes sont si fortes envers leurs employeurs, c’est parce qu’ils sont eux-mêmes très engagés pour les causes qui leur tiennent à cœur. Pauline Héry, de France Générosités, confirme que 29 % des 16-24 ans déclarent avoir une activité bénévole, alors que ce n’est le cas que de 16% des français selon l’Observatoire national et régional des générosités Odoxa-Leetchi.
En résumé, pour sélectionner l’entreprise dans laquelle elle va travailler, la Gen Z est particulièrement attentive à l’adéquation entre les valeurs de l’entreprise et les siennes, et au respect de l’équilibre vie pro / vie perso autant qu’à la rémunération proposée. Et une fois embauchée, cette génération est particulièrement demandeuse d’autonomie et de responsabilités, souhaite avoir des feedbacks réguliers, respecte la hiérarchie selon sa légitimité, et considère le travail comme un facteur d’épanouissement personnel.
J’espère que cet article vous aura aidé à démêler le vrai du faux concernant la génération Z, et surtout vous aura permis de constater que malgré nos différences, un bon nombre de points communs nous rapprochent !
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